02.01.2007
Le baby blues
QUE SE PASSE-T-IL ? BéBé EST MERVEILLEUX, VOTRE MARI RAVI, VOUS êTES CENSéE VIVRE L’UN DES PLUS BEAUX JOURS DE VOTRE VIE ET POURTANT VOUS NE VOUS SENTEZ PAS HEUREUSE ET FONDEZ EN LARMES à LA MOINDRE OCCASION. NE VOUS INQUIéTEZ PAS, C’EST LE BABY BLUES !
« J’ai accouché en novembre d’une adorable petite fille, et mon mari et moi sommes très heureux. Pourtant, je me sens souvent triste à certains moments de la journée : je pleure sans raison particulière, je n’ai plus envie de rien… J’attribue bien sûr cela à la fatigue due à l’accouchement et à l’allaitement, et au bouleversement qu’occasionne l’arrivée du bébé, mais j’ai peur que cela dure… Et si c’était le début d’une déprime ? »
Camille, 27 ans, Angers
RÉPONSE D'UN SPÉCIALISTE
Valérie Huchet-Dufetrelle
Psychologue clinicienne, Paris
Le syndrome du baby blues, médicalement appelé dépression post-partum, touche la majorité des jeunes mamans. Il se manifeste dans les trois à dix jours suivant l’accouchement et ne dure jamais longtemps. Le baby blues est une réaction postnatale normale et relativement fréquente. Il est le résultat de la fatigue, des angoisses accumulées pendant la grossesse et du bouleversement hormonal et psychologique lié à l’accouchement. Les symptômes du baby blues varient d’une femme à l’autre. Mélancolie, perte d’appétit, insomnies, difficultés à se concentrer sont les plus fréquents, sans oublier un cortège d’émotions contradictoires. Les mamans sont hypersensibles à la moindre contrariété ou aux compliments et passent du rire aux larmes.
Si tel est le cas, ne cherchez pas à cacher votre vague à l’âme, parlez-en. Trouvez une oreille attentive pour déposer tous vos sentiments ambivalents. Il est important que vous ne restiez pas dans un état d’isolement psychologique. Passer du statut de jeune femme à maman est une étape délicate. Ce bébé en chair et en os qui pleure, crie, appelle la nuit, dort le jour et ne laisse plus de place pour soi ne correspond pas tout à fait à l’enfant imaginé et cela est très déstabilisant. Pendant cette période, l’entourage, et notamment le papa, doit jouer un rôle d’étayage essentiel. Vous avez besoin que l’on vous écoute, que l’on vous épaule et que l’on vous encourage. Essayez dans cette tourmente de trouver un peu de temps sans bébé pour vous recentrer, vous occuper de vous et ne culpabilisez pas. Respectez vos limites et acceptez de vous reposer pendant les périodes de sieste de votre bout de chou.
Généralement, il n’y a pas de conséquence au baby blues : un peu de patience de votre part et d’attention de votre entourage suffisent pour apprécier de nouveau les joies de la maternité. En revanche, si ces symptômes se prolongent sur plusieurs semaines et qu’ils s’intensifient, soyez vigilante. Lorsque cette dépression est sévère, vous pouvez avoir de grandes difficultés à faire face au quotidien et être dans l’incapacité de vous occuper de votre enfant. La relation mère-bébé peut alors en être affectée. Dans ce cas, il sera nécessaire de consulter au plus vite pour vous faire aider et conseiller.
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